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Au Manitoba, un couple s'est forgé une vie de rêve

par Daniel Winters, The Western Producer

NESBITT, Man. — Selon Dwayne et Shelley Logan, la plus grande priorité de tout agriculteur est d’assurer sa subsistance et d’être heureux sur ses terres.

À une époque où les agriculteurs font la file dans les banques alimentaires et les enfants sont élevés pour être exportés dans les centres urbains, les Logan sont un exemple de la durabilité d’une petite exploitation agricole de 340 acres, située près de Nesbitt, au Manitoba.

« D’aucuns diraient peut-être que je suis pauvre », dit Dwayne, en pointant à ses chèvres de Cachemire, moutons et cochons du Berkshire qui se baignent au soleil et ont tous été élevés selon la méthode biologique.

« Mais j’ai appris dans un bulletin de nouvelles que le repas le plus cher aux États-Unis était le porc du Berkshire biologique servi dans un restaurant newyorkais », dit-il avec un sourire. « Moi, j’en mange à tous les jours. »

Débutant avec un quart de section il y a neuf ans, ils ont acquis un autre quart de section et pensent en acheter un troisième et plus de bâtiments. Leur famille grandit encore, car Shelley attend la naissance d’un enfant dans deux mois.

Les Logan ont gagné le grand prix de 2 000 $ pour le meilleur plan d’affaires dans le cadre du nouveau Small Farms Challenge, parrainé par la Turtle Mountain Development Corp. dont les bureaux sont situés à proximité de Boissevain. Leur modèle de petite ferme diversifiée met en valeur une stratégie de niveau d’endettement peu élevé visant à réaliser l’autosuffisance, à améliorer le territoire et à profiter d’une bonne qualité de vie.

Le concours qui visait à inciter la discussion sur la meilleure façon de repeupler les espaces ruraux a fait l’objet de 27 entrées de trois provinces et du Dakota du Nord, qui portaient sur la manière de gagner sa vie sur un quart de section à la conception d’un village écologique.

Le jardin de Shelley et Daisy, la vache de race Jersey, les approvisionnent de légumes frais, de lait, de beurre et de crème glacée. Leur troupeau de 30 bovins de boucherie leur procure de la viande et un revenu monétaire.

Non loin, on voit une petite remise perchée sur un wagon monté sur des roues d’acier que les Logan se sont procurés lors d’une vente aux enchères. Ils prévoient l’utiliser cet été pour abriter 200 poulets de race rare à usage mixte qu’ils élèveront en pâturage libre. Ils amèneront les coqs à l’abattage et garderont les poules comme pondeuses durant l’hiver.

« Nous ne pourrions probablement pas manger des aliments entièrement biologiques si nous devions les acheter au magasin », dit Dwayne. « Nous sommes vraiment bien nourris. »

Une grande partie de leur stratégie vise à trouver des moyens novateurs pour économiser de l’argent. C’est là également pour eux une source de fierté et de joie.
Leur grange de sept par dix mètres leur a coûté 700 $. Elle a été bâtie à partir de chevrons de treillis laminés qui ont été récupérés d’une grange abandonnée et couverte d’une immense bâche de seconde main. Leur entière collection de machinerie agricole, toujours en bon état, leur revient à 10 000 $. Dwayne a payé 1 000 $ pour le combiné John Deere 6601.

« Tout est encore en bon état. L’équipement, conçu pour une exploitation de moindre envergure, n’intéresse plus personne. »

Un équipement de seconde main moins coûteux signifie moins de préoccupations au sujet des paiements et des intérêts, et reste toujours à la hauteur des tâches sur les terres de culture biologique de la ferme, qui fait la rotation entre les céréales à paille et le mélilot.

En se concentrant sur le revenu net, en demeurant une exploitation de petite envergure et en éliminant le facteur de dettes autant que possible, les Logan affirment qu’un agriculteur est bien moins soucieux et qu’il a beaucoup plus de temps libre pour sa famille et ses amis ainsi que ses activités ludiques.

« Il est plus facile de gérer les rentrées de fonds que de les mobiliser », dit-il. « Il y a beaucoup de préjugés concernant la taille de l’exploitation. Les grands exploitants agricoles ont souvent quelques années fructueuses durant lesquelles ils font beaucoup d’argent. Mais pour moi, les choses iront toujours bien et j’en suis satisfait et heureux », dit-il. « Je ne fais peut-être pas des millions, mais je ne les perdrai pas non plus. »

Les qualités de pionnier de Dwayne se manifestent dans d’autres intérêts indépendants de l’agriculture, notamment le tannage du daim à l’aide du cerveau et l’ouvrage de forge. Il donne des cours de survie dans la nature et déplore la rareté des forgerons-instructeurs de l’art de l’ouvrage de forge au marteau.

Il observe que plusieurs compétences des milieux ruraux et espèces d’animaux d’élevage rares se perdent et qu’ils peuvent devenir indispensables s’il y a pénurie de combustible fossile ou s’il devient trop dispendieux.

Le travail au champ avec des chevaux de trait fait appel à son sens de l’économie, mais les connaissances et l’expérience lui manquent. Comme dans le cas de plusieurs formes d’art qui étaient autrefois d’usage et sont maintenant qualifiées de moribondes, l’obstacle le plus important est de trouver un mentor.

« Nous nous accrochons à toutes les personnes âgées qui peuvent nous transmettre le plus de connaissances possible. Nous lisons et expérimentons constamment. Nous sommes toujours avides d’apprendre », affirme-t-il.

Dwayne révèle que la tendance croissante de l’achat de produits alimentaires locaux indique que les exploitations agricoles comme la sienne sont susceptibles de prospérer à l’avenir. Une partie de leur stratégie est de vendre les excédents des produits à la ferme en vue d’augmenter les rentrées de fonds.

« Je crois que les produits locaux sont beaucoup plus importants que les produits biologiques ou tout autre produit. Ils offrent aux familles d’agriculteurs la possibilité de gagner leur vie et de réduire leur utilisation de carburant », dit Dwayne.

« Un gars de New York m’a déjà demandé quel était mon aliment favori. Je lui ai répondu : les mini-pommes de terre. Sa mâchoire s’était décrochée. Des pommes de terre! Elles sont si indifférentes, lassantes et ne font que remplir le ventre. » Il n’avait jamais goûté aux pommes de terre fraîches du jardin. »


Le CABC tient à remercier Western Producer de lui avoir donné l’autorisation d’afficher cet article sur son site Web.


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Affiché au mois de novembre 2007

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