CABC / OACC Centre d'agriculture biologique du Canada

Page d'accueil du CABC
Les poires asiatiques… une histoire de réussite récente pour les amateurs de fruits exotiques mais ce créneau pourrait s’avérer fugace dès que d’autres agriculteurs commenceront à l’exploiter

Par Jeffrey Carter, contribution spéciale, Ontario Farmer, Le mardi 7 février 2006

Ce n’est pas parce que personne ne les cultive encore au Canada que cela n’est pas possible.

Telle est l’attitude de ces deux agriculteurs québécois, Ken et Lorraine Taylor, qui cultivent des poires asiatiques et de nombreux autres fruits exotiques dans leur exploitation du Québec, Wind Point Organic Farm. Leur propriété de 70 acres est située à Île-Perrot, à seulement 30 minutes du centre-ville de Montréal.

Ken Taylor a parlé de sa ferme et de ses recherches lors de la récente Conférence sur le biologique de Guelph.

« J’ai un marché en plein air à la ferme et j’essaie de m’adapter aux goûts de mes clients et à leurs changements », indique-t-il.

« Les gens aiment avoir des fruits et des légumes frais à l’année longue… En général, au cours d’une année, nous cultivons quelque 500 fruits et légumes différents. »

Même si M. Taylor et sa femme cultivent beaucoup, leurs activités s’orientent beaucoup plus vers la recherche que vers la production commerciale. Ken Taylor travaille à plein temps comme professeur de biochimie au collège McDonald.

Il aime vraiment chercher des variétés de fruits nouvelles ou inhabituelles qui peuvent être cultivées au Canada et offrir des débouchés aux agriculteurs. Il a découvert de nombreuses variétés qui n’ont pas donné de résultats, mais il a aussi connu certaines réussites.

La poire asiatique en est un exemple.

Le fruit est actuellement importé et distribué à grande échelle partout en Amérique du Nord. Les cultivateurs américains ont fait leurs premières expériences dans ce domaine dans les années 1990, mais la production nord-américaine ne s’est jamais concrétisée.

Ken Taylor croit que le moment était mal choisi. Les consommateurs ne connaissaient pas ce fruit et, en Californie, où il a d’abord fait son apparition, d’autres cultures étaient jugées plus rentables.

Cette attitude pourrait changer. Ken Taylor a prouvé que plusieurs variétés rustiques de poires asiatiques pouvaient être cultivées sur ses terres montréalaises, et les possibilités de revenus sont attrayantes.

Ken Taylor a vu des poires asiatiques importées vendues à près de 4 $ chacune. À un dollar la livre, M. Taylor calcule que la valeur d’une récolte régionale pourrait atteindre 125 $/acre.

« Je crois que c’est là un feu vert. Je ne comprends pas pourquoi personne ne court après ce fruit. »

Les choses évoluent. Ken Taylor vend aux agriculteurs canadiens, à petite échelle, trois variétés différentes de poires asiatiques. Les arbres greffés produiront leurs premiers fruits d’ici deux ans, mais il faut compter de quatre à cinq ans, dans des bonnes conditions de gestion, pour obtenir une production qui vaille la peine.

Ken Taylor croit que les poires asiatiques qu’il cultive sur ses terres – il a obtenu une récolte exceptionnelle en 2005 -, ont meilleur goût que celles qui sont importées. De plus, le fruit se conserve bien dans des installations modestes pendant un an, sinon plus.

Même si la poire asiatique offre un potentiel commercial très prometteur, elle perdra son attrait dès qu’un certain nombre d’agriculteurs commenceront à la cultiver, indique M. Taylor. C’est la même chose pour tout fruit ou légume nouveau, mais c’est ainsi que progresse l’agriculture, dit-il.

« Si vous trouvez un produit qui vous donne de bons résultats, vous devriez commencer tout de suite à en chercher un autre, car il y a sûrement quelqu’un, quelque part, qui pourra le cultiver, et probablement mieux que vous. »

C’est l’une des raisons pour lesquelles le marketing est tout aussi important que la culture de produits de qualité, poursuit M. Taylor.

Cultiver de nouveaux produits est l’une des façons d’ouvrir de nouveaux marchés. Ken Taylor explique que les agriculteurs peuvent aussi envisager des produits dont la couleur sort de l’ordinaire, la possibilité de les entreposer au-delà de la saison des récoltes et de diversifier les débouchés, par exemple pour en faire du vin ou les utiliser à des fins non alimentaires.

Ken Taylor a décrit certains des fruits plus ordinaires qu’il cultive et qui pourraient avoir des débouchés commerciaux.

  • La cerise mongo Big Mama, grosse cerise violette à degré Brix très élevé, qui mûrit de la mi- à la fin septembre.
  • L’argousier, fruit bien connu en Europe, facile à entretenir mais difficile à cueillir à la main, du fait de ses épines. Ken Taylor cherche une variété sans épines.
  • La Manor Chum, un croisement entre la cerise et la prune. Le fruit est aussi gros qu’une prune, mais a un petit noyau comme la cerise.
  • La canneberge d’hiver, que l’on peut laisser sur l’arbuste jusqu’à l’hiver.
  • Les raisins sans pépins, adaptés aux climats plus froids.
  • Le chèvrefeuille comestible, fruit apparenté à celui du chèvrefeuille. Il ressemble un peu au bleuet, mais mûrit avant les fraises.
  • La nèfle, fruit connu en Europe, que l’on laisse « pourrir » avant de la consommer.
  • La baie Goji, originaire de l’Himalaya, très riche en antioxydants. Ken Taylor a vu ces baies séchées dans des magasins de produits naturels à 37 $ le sachet de 100 grammes.


© Copyright 2006, Ontario Farmer. Reproduit ici avec son autorisation.


English

Haut de la page

© 2012, Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC)

 

Dalhousie University Centre d'agriculture biologique du Canada