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Agriculture biologique et biodiversité –– y a-t-il un lien?

By Alison Burton

Selon une analyse récente effectuée sur plus de 180 études, l’agriculture biologique peut accroître la diversité de la flore et de la faune. L’analyse a montré qu’en moyenne, le nombre d’espèces s’est accru de près de 30 % dans les exploitations biologiques et le nombre de végétaux et d’animaux individuels était 50 % plus élevé dans les fermes biologiques.

Ces résultats ont été obtenus par méta-analyse, une méthode de mise en commun des réponses de plusieurs études individuelles portant sur la même question afin de trouver des tendances dans les données. Les études qui ont comparé la biodiversité des exploitations biologiques et traditionnelles ont utilisé la diversité spécifique (ou « des espèces ») et l’abondance des espèces comme facteurs d’évaluation. La diversité spécifique correspond au nombre des différentes espèces dans un endroit donné, tandis que l’abondance des espèces s’intéresse au nombre d’individus par espèces dans un habitat donné.

La présente méta-étude montre que les fermes biologiques ont tendance à présenter une plus grande diversité spécifique ainsi qu’une plus grande abondance. Des augmentations nettes ont été observées chez les végétaux, les oiseaux, les insectivores et les microorganismes du sol. On dispose, cependant, de peu de preuves que les autres insectes et ravageurs étaient plus abondants dans les fermes biologiques. Les facteurs qui influent sur le nombre d’individus et d’espèces présents dans les fermes ne concernent pas seulement la production biologique –– tous les agriculteurs pourraient accroître la biodiversité de leurs exploitations en recourant à des méthodes saines pour l’environnement.

Pour de nombreuses espèces, en matière de variété comme de quantité, on a constaté une baisse évidente, attribuable à l’agriculture. Les territoires convertis en terres agricoles perdent leur biodiversité d’origine. Mais y a-t-il une différence entre l’agriculture traditionnelle (ou conventionnelle) et l’agriculture biologique quant aux conséquences sur la diversité et l’abondance?

L’agriculture biologique exclut les agents chimiques synthétiques dans la culture ou l’élevage. Elle a, par ailleurs, recours à des rotations de cultures diversifiées et aux cultures-abris, à l’épandage de compost, aux cultures intercalaires, à la lutte biologique contre les ravageurs et au recyclage des éléments nutritifs. Ces pratiques, recommandées par l’agriculture bio, sont propices à la coexistence d’habitats plus diversifiés pour une variété d’organismes.

Les organismes ne réagissent pas tous de la même manière à l’agriculture biologique. On a découvert davantage d’herbes adventices dans les exploitations biologiques. Les densités d’insectes prédateurs y étaient également généralement plus élevées, alors que ce n’était pas le cas pour les insectes non prédateurs (peut-être parce que les insectes prédateurs se nourrissaient des autres espèces). De même, les populations d’organismes du sol étaient généralement plus importantes en agriculture biologique.

La biodiversité et l’abondance sont influencées par d’autres facteurs que le type de système agricole, par exemple, les terres qui ne sont pas en culture. Les bordures des champs, les sols marécageux, les haies, les fossés et les mares sont des habitats vitaux pour l’amélioration de la biodiversité. D’autres facteurs, comme la diminution du travail du sol et l’apport accru de matière organique, ont aussi un impact sur la biodiversité. Tous les agriculteurs peuvent opter pour des pratiques propices à l’amélioration de la biodiversité.

La biodiversité varie d’une ferme à l’autre. Les producteurs peuvent l’accroître en choisissant de réduire l’emploi des pesticides, d’utiliser le fumier produit sur place plutôt que des engrais chimiques, et de programmer des rotations de cultures plus diversifiées. Les éléments de l’hétérogénéité du paysage, comme les fossés, les haies et les bassins d’eaux, devraient être conservées. Tout cela montre que la biodiversité peut varier énormément selon les décisions individuelles des exploitants agricoles.

Dans l’ensemble, ce sont les choix de chaque agriculteur qui ont le plus grand impact sur la biodiversité. Les producteurs sont donc en mesure d’influer positivement sur elle avec des pratiques comme la diminution de l’épandage des pesticides et des herbicides, la diversification des rotations de cultures et le maintien des milieux naturels comme les bandes boisées et les étangs sur leurs terres. La biodiversité est importante parce qu’un écopaysage comportant une gamme de plantes et d’animaux est plus stable qu’un autre ne comportant qu’un petit nombre d’espèces. Les producteurs agricoles sont directement engagés à l’égard de la biodiversité de leurs fermes, mais nous bénéficions tous de sa protection et de sa pérennité.


Alison Burton est candidate à la M.Sc. au département des sciences végétales de l’Université de la Saskatchewan. Veuillez lui faire parvenir vos commentaires à alison.burton@usask.ca ou à Brenda Frick au 306-966-4975 ou à brenda.frick@usask.ca.


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Novembre, 2006

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