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Faire le choix du bio

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Le secteur agricole biologique se développe rapidement, atteignant maintenant un marché estimé à 2 milliards de dollars et croissant à un taux de 15 à 20% par année. Cette croissance est générée par la demande des consommateurs qui recherchent activement les produits biologiques, mais qu’est-ce qui motive cette demande? Il y a maintenant 5 ans paraissait l’article «Comparaison des perceptions et préférences  des consommateurs à l’égard des aliments biologiques et des aliments  conventionnels : un examen et une mise à jour de la littérature», par Emmanuel Yiridoe, Samuel Bonti-Ankomah et Ralph Martin, dans le journal Renewable Agriculture and Food Systems. Des leçons très valables peuvent encore être tirées aujourd’hui de cette étude.

 La demande pour les produits biologiques résulte d’un nombre de caractéristiques associées aux pratiques en production biologique.  Mais il a plusieurs autres facteurs qui sont à la base de la décision de mettre un produit bio dans le panier d’épicerie -  la connaissance des principes biologiques, la confiance à l’égard des méthodes de production biologique, la reconnaissance de l’étiquette biologique et le consentement à payer la valeur ajoutée associée au produit biologique.

On peut affirmer qu’en général, les consommateurs valorisent les produits biologiques pour leurs maintes propriétés intrinsèques. Cependant, ces propriétés sont cachées – ou ne peuvent être décelables visuellement. Imaginez que je dépose deux pommes devant vous – une qui est cultivée suivant un mode de production conventionnel, l’autre qui est certifiée biologique. Si nous retirons les étiquettes, pourriez-vous déceler quelle pomme est biologique? Probablement pas.  Cependant, si je désigne la pomme qui est biologique, vous pourrez automatiquement y associer certains attributs de base  – cultivée sans pesticides ou engrais synthétiques, non modifiée génétiquement et vue comme un produit durable au plan environnemental, peut-être même plus saine, plus savoureuse et meilleure pour la santé.

Afin d’associer ces qualités biologiques  intrinsèques au produit offert sur la tablette, les aliments biologiques doivent être clairement  identifiés et ce, d’une manière fiable et identifiable. Les auteurs de l’étude arguent qu’un mauvais étiquetage et l’abondance de divers logos biologiques peuvent engendrer la méfiance, la confusion et ultimement une baisse de l’achat de produits biologiques. L’implantation du nouveau Règlement sur les produits biologiques et du logo Biologique Canada peut aider à alléger la confusion en offrant un logo biologique rapidement identifiable référant à une norme réglementée.

La distinction entre le produit biologique et son équivalent conventionnel étant établie, quels sont les facteurs qui motivent les consommateurs? Un examen de la littérature déjà publiée révèle que l’un des incitatifs les plus puissants à l’achat de produits biologiques est la perception que les aliments biologiques sont plus nutritifs et sains. L’achat de produits biologiques peut donc être considéré comme un investissement dans sa propre santé – comparable à l’achat d’un abonnement au gymnase ou d’une prescription médicale. Cette perception encourage même certains consommateurs à accepter l’écart de prix entre les produits biologiques et conventionnels.

Toutefois, les résultats de nombreuses études qui comparent les bénéfices nutritionnels entre les produits biologiques et conventionnels tendent à être partagés. Yiridoe explique que « Les études qui comparent les aliments produits conventionnellement et ceux produits suivant un mode biologique tendent à être compliquées par divers facteurs, tels que le modèle de la recherche, les produits considérés, etc. Cela suggère que les preuves recueillies dans des études spécifiques ne peuvent pas s’appliquer nécessairement à tous les autres produits concernés. » En d’autres mots, la réponse définitive à la question “Est-ce que le bio est meilleur pour la santé? »  peut être incertaine et de telles déclarations devraient être émises avec prudence. Les campagnes d’éducation des consommateurs sur l’agriculture biologique devraient plutôt mettre l’emphase sur les bénéfices environnementaux et sociaux qui peuvent être plus clairement définis et appuyés. Yiridoe souligne que « l’éducation des consommateurs étant un processus continu, on a donc constamment l’opportunité d’améliorer et/ou d’amplifier la démarche éducative. »

Un autre obstacle à surmonter est le prix plus élevé affiché sur l’étiquette des produits biologiques. Cet écart de prix, que les économistes désignent comme étant la valeur ajoutée biologique, est partiellement dû à un apport de main d’œuvre plus élevé, à des rendements parfois plus bas, au coût de la certification, et aux bénéfices écologiques engendrés par les pratiques agricoles biologiques. Les consommateurs doivent donc accepter de payer davantage lorsqu’ils emplissent leurs paniers d’épicerie de produits biologiques. Alors que la plupart des gens acceptent de payer de 10% à 20% de plus pour les produits biologiques, les consommateurs accepteraient  de payer davantage pour les produits  qui ont une plus courte durée de conservation, mais, non sans surprise, la volonté des consommateurs de payer davantage diminue lorsque les surplus à payer s’ajoutent.

Alors, que faire à présent? L’industrie biologique continue de se développer, et comme le souligne le Dr Yiridoe, « Les consommateurs canadiens sont de plus en plus intéressés aux produits « verts » et aux aliments qui peuvent améliorer la santé humaine. » Les agriculteurs doivent saisir cette opportunité de fournir les produits biologiques  recherchés par les consommateurs. Les agriculteurs et transformateurs locaux peuvent bénéficier de la croissance des marchés biologiques canadiens en gagnant la confiance des consommateurs par des mentions crédibles mises en évidence grâce à un étiquetage clair apposé sur les produits.


Rédigé par Joanna MacKenzie pour le CABC. Pour davantage d’information :  902-893-7256 ou oacc@dal.ca.


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Affiché en février 2011

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