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La production de volaille biologique: une opération adéquate pour votre ferme?

Centre d'agriculture biologique du Canada

La production de volaille biologique offre de bonnes opportunités à une certaine catégorie de producteurs. Elle peut compléter une opération existante de production de grains ou d’animaux d’élevage, fournir l’occasion de démarrer une opération avec peu d’investissements de capital, constituer une option à court terme pour les nouveaux arrivants en production d’animaux d’élevage ou devenir une opération à grande échelle lors de la transition d’une opération conventionnelle de production de volaille vers une opération certifiée biologique. L’un des principes qui régit l’élevage d’animaux biologiques est que les animaux doivent être capables d’exprimer leur comportement naturel. Les comportements naturels de la volaille incluent de picorer, gratter et fourrager pour trouver la nourriture. Les oiseaux courent, étirent leurs ailes, volent sur de courtes distances, prennent du soleil et des bains de sable.

Les comportements négatifs tels que le picage de plumes et le cannibalisme sont liés au stress. En fournissant une bonne alimentation, un espace adéquat sur le plancher et dans le nid, un éclairage approprié et des aires de repos, la plupart des comportements liés au stress peuvent être évités. La recherche montre que lorsque plus de 66% des oiseaux d’une opération de volaille utilisent activement les parcours extérieurs, les comportements sévères de picage de plumes disparaissent.

Quelques producteurs qui appliquent à grande échelle des modèles de production commerciale ont recours à des races commerciales communes. Ces oiseaux sont élevés en ayant un gain de poids très rapide et cela peut causer des problèmes. Il est normalement nécessaire de limiter l’alimentation au cours des premières semaines pour permettre à la structure du corps de s’adapter au gain de poids, autrement les oiseaux seront infirmes. Les producteurs traditionnels à plus petite échelle utilisent en général des hybrides (par ex. Cornish cross) ou se spécialisent dans l’élevage de races rares ou patrimoniales qui profitent mieux les pâturages et sont plus mobiles et plus fortes.

Ici, dans les Prairies, nous avons la chance d’avoir un accès facile à des grains biologiques à coût abordable : du blé, des pois, de l’orge, du lin, du chanvre, de la luzerne et des criblures. Les rations sont habituellement adaptées aux trois stades de développement : les rations « débutant », «  en croissance » et « pondeuse » tiennent compte d’une diminution en besoins de protéines. Une ration d’un pré-mélange biologique complet assure une diète équilibrée; elle est utile pour les producteurs qui ne disposent pas d’une parcelle de terre pour cultiver leurs propres grains, mais peut s’avérer dispendieuse et difficile à obtenir. On peut alors opter de faire l’achat de concentrés biologiques (vitamines, minéraux et/ou protéines) et de les moudre avec les grains disponibles. La volaille se porte mieux avec des combinaisons de semences et de grains, d’insectes et de fourrage. Le gravier (sable et gravelure) aide à digérer les grains entiers.

Le logement de la volaille peut prendre diverses formes. Quelque soit le type de logement utilisé, il est important de favoriser une santé optimale et des comportements naturels, assurer l’accès à l’extérieur et à l’ombre, un abri, un pâturage en rotation, des aires d’exercice, de l’air pur et la lumière naturelle du jour, le tout en fonction de l’étape de production, du climat et de l’environnement.

Les unités mobiles doivent être déplacées régulièrement ou bien les pâturages mis en rotation afin d’assurer la qualité du pâturage et minimiser l’accroissement des parasites et des maladies. Le logement doit aussi protéger les oiseaux des prédateurs et les abriter du vent, de la pluie et du soleil. L’incorporation d’arbres, la construction d’abris dans les aires extérieures et l’encerclement du pâturage avec une clôture adéquate seront appropriés. Parfois une clôture électrique autour du périmètre de l’aire des oiseaux, ou des animaux de garde pourraient être requis pour protéger efficacement la volaille contre les prédateurs. Un maillage électrique peut aussi être utilisé ou remplacer les méthodes préalablement mentionnées. Les unités mobiles doivent être suffisamment lourdes pour ne pas être soufflées par le vent mais suffisamment légères pour être facilement transportées.

Lorsque la volaille est logée à l’étable, il est nécessaire de faire la rotation entre plusieurs parcours. Ainsi, la végétation peut repousser dans les autres parcours pendant que l’un des parcours est utilisé. Cela réduira les risques liés à la maladie et aux parasites et l’accumulation de fumier. Assurer aux oiseaux l’accès à l’extérieur à un âge précoce, soit dès l’âge de 3-4 semaines, aidera à produire des adultes qui auront tendance à  « ratisser large ». Les parcours disponibles seront alors utilisés plus efficacement.

En hiver, les oiseaux passent la majorité du temps au poulailler. Les nichoirs doivent être sombres afin de dissuader les autres oiseaux de déranger la pondeuse et lui procurer un sentiment de sécurité. Une litière adéquate et de bonne qualité est importante pour absorber l’humidité et favoriser le grattage. La paille et les copeaux de bois sont de mise. L’ajout régulier de couches de litière au cours de l’hiver prévient la volatilisation de l’ammoniac et fournit une source de chaleur lorsque les couches inférieures se décomposent. De bonnes mesures d’assainissement et un nettoyage régulier du logement sont importants pour prévenir la maladie, les parasites et les organismes nuisibles.

Il y a plusieurs façons de réussir une entreprise d’élevage de volaille. La prévention est la clé pour le maintien d’une bonne santé. Des aliments de qualité, une eau propre, un abri adéquat, l’accès extérieur à un terrain propre non contaminé par des quantités excessives de fumier, l’utilisation de races adaptées et l’observation diligente du producteur contribuent au maintien de la santé de la bande. Une bonne gestion peut prévenir la plupart des problèmes.


Tracy Salisbury a fait la recherche pour rédiger cet article quand elle était une assistante de recherche à l’Université de Saskatchewan. Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est la coordonnatrice du département de la Recherche et vulgarisation en agriculture biologique à l’Université de Saskatchewan et elle est affiliée au CABC. Pour plus d’information : 902-893-7256 ou oacc@dal.ca.



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Affiché en août 2010

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