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Bien-être des poules pondeuses biologiques

Monique Bestman et Jan-Paul Wagenaar

Résumé
Le picage de plumes chez les poules pondeuses constitue l’un des principaux obstacles au bien-être des volailles. Ce comportement est observé non seulement dans les systèmes traditionnels, mais aussi dans les systèmes de protection des animaux, notamment les systèmes biologiques.

Le picage de plumes est un comportement anormal causé par le stress ou de la frustration. Le picage est signe d’une diminution du bien-être tant chez la victime (MacAdie et Keeling, 2000) et que chez l’instigateur (El-Lethey et coll., 2000).

Pour améliorer le bien-être des poules pondeuses biologiques, nous avons réalisé une première étude au cours de laquelle nous avons mesuré le taux de picage dans 63 bandes dans 26 exploitations agricoles et déterminé les principaux facteurs de risque connexes (Bestman et Wagenaar, 2003).

Nous avons effectué une deuxième étude durant laquelle nous nous avons examiné le picage de plumes pendant la période d’élevage. Vingt-neuf bandes de poules d’élevage ont été étudiées pendant les trente premières semaines de leur vie (Bestman et Wagenaar, 2006).

Le présent résumé contient une compilation des résultats des deux études afin de dresser un tableau complet du phénomène de picage de plumes chez les poules pondeuses biologiques, d’exposer la gravité du problème et d’offrir des directives pour résoudre la situation.

La première étude (Bestman et Wagenaar, 2003) a été réalisée auprès de 63 bandes de poules pondeuses adultes dans 26 exploitations agricoles différentes. La mutilation du plumage a été évaluée après 50 semaines de vie. Les données relatives à l’habitation et à la gestion ont été recueillies auprès des responsables et durant les essais. Des équations linéaires multiples ont été utilisées pour créer des modèles de taux de picage de plumes.

La deuxième étude (Bestman et Wagenaar, 2006) a été menée auprès de 29 bandes de poules d’élevage dans 10 fermes d’élevage différentes. À la 17e semaine de vie, elles ont été envoyées à 51 fermes de ponte. Le plumage a été évalué à 6 âges différents durant les 30 premières semaines de vie des poules. À nouveau, les données relatives à l’habitation et à la gestion ont été recueillies durant la période d’élevage et aux fermes de ponte. Des tests T ont été réalisés pour déterminer les différences statistiques entre les bandes de poules touchées par le phénomène de picage et celles non touchées durant la période d’élevage.

Par ailleurs, le degré de persistance du picage au cours des 30 premières semaines de vie a également été mesuré. Durant la première étude, le phénomène de picage plus ou moins important a été observé dans 71 pour 100 des bandes de poules pondeuses adultes biologiques. Le principal facteur de risque chez les poules pondeuses biologiques semble être l’utilisation limitée des parcours extérieurs. Quoique toutes les bandes de poules étudiées étaient biologiques et avaient accès à un parcours extérieur, dans 58 pour 100 des bandes, moins de la moitié des poules sortaient à l’extérieur.

Grâce à notre modèle, nous avons déterminé que si 66 pour 100 des poules d’une bande faisaient usage d’un parcours extérieur, aucun phénomène de picage sérieux ne serait plus observé. L’utilisation des parcours extérieurs augmentait lorsqu’un abri est installé dans le parcours, un plus grand nombre de coquelets sont présents, les poules sont envoyées à un plus jeune âge aux fermes de ponte, et les bandes sont constituées d’un petit nombre de poules.

Au cours de la deuxième étude, le picage de plumes a été observé dans 54 pour 100 des bandes de poules pondeuses. Bien que toutes les différences observées entre les bandes touchées par le phénomène de picage et les bandes non touchées par le phénomène étaient semblables aux facteurs de risque mentionnés dans la documentation connexe, nous avons constaté qu’une seule était significative sur le plan statistique : densité élevée durant les 4 premières semaines de la vie. Chez 33 des 41 bandes de poules pondeuses (80 pour 100), le phénomène de picage des plumes durant la ponte (indiqué par un « oui » ou un « non ») était le même que durant la période d’élevage (indiqué par un « oui » ou un « non »).

L’utilisation limitée du parcours extérieur s’est avérée le principal facteur de risque chez les poules pondeuses adultes. Ce même constat a été rapporté dans une autre étude (Green et coll., 2000). Il peut éventuellement être expliqué par le fait que l’extérieur offre un environnement plus riche, comparativement à l’intérieur.

Source
Procès-verbal de la première conférence internationale de la Fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique sur la production biologique d’animaux, août 2006

Le Centre d’agriculture biologique du Canada tient à remercier la Fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique pour lui avoir accordé la permission de publier le présent résumé.

 

 

English version

Publié enjuillet 2008

 

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